Kader Slidjia
artiste peintre et sculpteur
"À l'aube de l'humanité, les pierres, les rochers, les cailloux riaient, parlaient, jouaient mais lorsqu'elles/ils aperçurent l'humain arriver au loin, et voyant qu'il prenait une mauvaise direction, elles/ils se sont tu(e)s, figé(e)s et décidèrent de reprendre vie le jour où l'humanité prendrait une bonne, la bonne direction."
Aïcha BoukroubaSlidjia, mère de Kader Slidjia.
"Besoin de
créer"
Biographie
J’ai arraché aux entrailles de la Terre la source qui nous a fait naître… je suis né le 28 mai 1967 à Vannes dans le Morbihan. J’ai grandi dans un camp de rapatriés d’Algérie à Saint-Avé (commune de Vannes), qu’on appelait aussi la terre rouge (terre riche en argile). La terre rouge, je me souviens enfant accompagnant ma mère récupérer la terre avec laquelle elle confectionnait un four à pain qu’on appelait «el coucha», le four en arabe. La terre rouge, cette terre qui nous a fait naître.
Après des études en comptabilité au lycée St-Georges à Vannes, je me suis orienté vers une école hôtelière où j’ai appris le métier de serveur. Puis en 1990 j’ai rencontré la troupe du théâtre du Fil que j’ai intégré en tant que comédien animateur, ce qui m'a conduit à jouer "Les oiseaux" d'Aristophane au théâtre Chaillot à Paris. J'entre ensuite aux cours du soir et à des modules de formations à l’Ecole des Beaux-Arts à Lorient puis je réalise ma première exposition personnelle à la Cours des métiers d’Arts à Pont-Scorff avant d’y être animateur en galerie d’art pendant deux ans, suivi d’une exposition à la Mairie de Lanester, dans la salle la Rotonde (lieu dédié aux expositions personnelles).
En 1996, j’aménage à Nantes puis j’installe mon atelier (à Trentemoult) qui me sert également de lieu de présentation et d’expositions pour d’autres artistes rencontrés. Je continue de participer à des expositions personnelles ou collectives (université de Droits, associations Pays de Loire Gaza Jérusalem, Institut Français d’Agadir au Maroc) et mêle aussi ma création à l’univers du spectacle (chorégraphie, scénographie, décors pour le festival Tissé Métisse). Parallèlement, je propose des ateliers d’initiation aux arts plastiques auprès de tous les publics (enfants, adolescents et adultes).
"La repentance"
Le repentir
Ma technique, mon travail, ma recherche : je pratique l’art brut, mon travail n’a aucune démarche, ni intellectuelle, ni esthétique. Je travaille par instinct, le premier coup de pinceau doit être le bon. Le geste se fait dans la fulgurance, une rapidité extrême (seulement quelques secondes par tableau) idem pour les sculptures. La matière et moi ne formons qu’un. Se pose alors la question du repentir, du doute. Le repentir, c est un mauvais coup de pinceau donné sur la toile, une mauvaise « direction ». Je dois alors réparer ce repentir, le retoucher, ce qui peut prendre parfois quelques semaines, voir des mois.
"En lien direct
avec la science
et les mathématiques"
La genèse
Mon travail s’inspire de la Genèse: La formation de l’univers, la chute de l’homme, le déluge et les conséquences de la rébellion humaine… Je travaille également le nombre d’or. Le nombre d’or est doté d’une formule mathématique (π =1+2V5/2). Le nombre d’or aussi appelé ratio d’or, est un concept qui donne le nombre irrationnel phi qui équivaut approximativement a 1,618. Il provient de la séquence de Fibonacci, qui est une série de nombres dans laquelle le nombre suivant est la somme des deux nombres précédents ». Il est donc rationnel en lien avec la symétrie et la lumière. Cependant, quand on l’explore dans son contenu, dans sa forme, dans sa substance, forcé de constater qu’il échappe à toute logique « mathématicienne » et rationnelle. Alors a quoi est-il lié? Aux astres, au divin…? « Lorsqu'on décompose un objet en deux parties inégales, on dit que la proportion est divine ou d’orée si le rapport entre la grande partie et la petite est le même que le rapport entre le tout et la grande partie ». Je tiens a préciser qu’en ce qui me concerne je le travaille, l’explore , (le nombre d’or) par instinct, par intuition…Affaire a suivre… En conclusion, en ce qui me concerne, mon travail sera accompli quand je le serais aussi.
Vidéos tirées du documentaire "La genèse selon Kader Slidjia" (Fred Coince / Les Lumières de la Ville 44)